4 heures

4 heures
Ce matin je me suis éveillé brutalement, avec un sentiment de vide absolu, la certitude d'être seul... Vraiment et complètement. Il était 4 heures du matin, et à défaut d'avoir besoin de parler à quelqu'un j'aurais voulu sentir le souffle chaud et rassurant de quelqu'un à mes côtés. Seul... Mon Dieu c'est terrible. Ma famille est plus inexistante que jamais, au point que celui en lequel je voyais un modèle se révèle être une poutre aussi vermoulue que les autres. Mes parents sont loin et je n'ai pas le coeur à leur faire partager mes instants de profonde déprime. Quand aux copains qu'est-ce qu'ils pourraient bien y comprendre ? On se voit et on s'amuse, on rit et on prend le meilleur mais fialement on ne se connait pas et j'en ai eu l'illustration criante il y a peu. Je ne peux compter sur personne, me reposer sur aucune épaule. Je pensais qu'au moins l'un d'entre eux aurait compris ce qu'il représente pour moi mais il aura suffit d'un seul mot pour que je réalise qu'il n'en n'est rien et que comme tout un chacun, il vit à mes côtés sans avoir la moindre idée du mal qui me ronge.

Je suis fou je le sais... Et ce matin quand j'ai ouvert les yeux ca m'a sauté au visage. J'en aurais pleuré mais je n'ai plus cette force là, alors je me suis laissé envahir par une détresse dont nul n'aurait pu me sortir. J'ai ressenti ce vide, cette solitude, et j'ai eu soudain une vague idée de ce que peuvent ressentir ceux qui tout à coup décident de fermer la porte comme ça, sans aucune raison apparente. Seul au monde malgré une apparente réussite et une popularité florissante... Ou regarder ? Dans quelle direction avancer ? A qui se confier ? C'est dur d'être seul. Ou plutôt non, ce n'est pas dur c'est atroce. Je pensais avoir ce qu'il faut pour n'avoir besoin de personne mais non seulement c'est faux et en plus personne n'a besoin de moi.

Car en toute honnêteté et malgré tout ce que chacun peut prétendre, si je devais disparaitre demain sans laisser aucune trace je suis certain que non seulement je ne manquerai à personne plus de quelques semaines à part à mon chien et à mes parents, et que personne ne cherchera à savoir ce que je deviens. La vie est ainsi faite, les gens vous disent "Je t'aime", ils vous serrent dans leurs bras mais ils mentent... Pas un seul n'est sincère. Et le pire c'est qu'au fil du temps je deviens comme eux... Superficiel, indifférent, léger et inconstant, inconséquent.

J'aurais bien voulu dire que je peux gâcher ma vie pour quelqu'un et très franchement j'aurais pu il y à peu courrir encore ce risque parce que j'aurais trouvé ça désespérement romantique et authentique, mais plus aujourd'hui... Plus après ce que j'ai entendu, plus après avoir réalisé que tout ce que j'ai pu dire, écrire ou faire, n'aura finalement servi à rien parce que ca n'aura pas fait son chemin, et que si j'espérais semer la graine de la confiance et de l'amour je me suis trompé lourdement.
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# Posté le lundi 03 mars 2008 13:56

Le glas

Le glas
Et je fuis les rues de vos villes pleines des couleurs de ces Noëls qui sonnent comme le glas dans la campagne au petit matin de vos vies creuses. Un détail change parfois tout... Il suffit d'un rien pour que la conscience s'éveille et que tout ce qui vous semblait tellement parfait prenne un soudain un goût amer, pour qu'un tableau aux couleurs chatoyantes révèle tout à coup des contours plus sombres et inquiétants. Je voudrais pouvoir écrire des choses lumineuses, avoir des papillons dans la tête et du soleil dans le coeur mais non... Rien de tout ça. Juste quelques pierres qu'on me jette au visage, le verglas des émotions sur lequel le perds l'équilibre. Et toujours cette putain de déception, cette saloperie de sensation de vide au bout du compte. A chaque fois j'y crois alors que je sais que je vais déraper mais c'est plus fort que moi...

Il m'aura fallut plus de vingt ans avant de comprendre très exactement le regard que certains portent sur moi, admettre que je ne répondrai probablement jamais à ce qu'on attend de moi. Je mets le temps mais tout finit par arriver et je viens de prendre conscience avecc une violence extraordinaire que les sentiments qu'on peut avoir pour moi, et peu importe de qui on parle, sont toujours soumis à l'absence d'une autre source de focalisation, ou encore a un remord soudain et du besoin finalement qu'on peut avoir de quelque chose de ma part. Il n'y a que deux issues pour moi.... Dans le pire des cas je finirai dans une clinique psychiatrique parce que plus le temps passe et plus je me rends compte de la haine que je développe sous des dehors très avenants, de la colère que je porte en moi à force de ne pas être entendu malgré toutes les belles paroles. Je suis l'archétype même de l'homme aux deux visages... Dans le meilleur des cas je m'en irai rejoindre mon ami Hervé dans des prés plus verts ou la légende veut que plus rien en vous atteigne.

Souvent j'espère que le matin ne me trahisse pas, je l'ai déjà dit mais rien n'est plus vrai. S'impliquer pour les autres n'engendre que perdition de l'âme et pourriture de l'esprit... Aucune créature n'est plus vile que l'être humain avec ses mots tellements pleins de musique comme le chant d'une sirène. Et si vous écoutez ce chant vous êtes perdus à jamais parce que vous avez beau savoir qu'on vous ment, vous avez besoin d'y croire encore et toujours. Je voudrais pouvoir me sortir de ce piège mais ais-je vraiment la force de renoncer à y croire ? Ais-je vraiment la force de voir passer les jours en sachant que ce sera seul ? Déjà l'esprit à pris le dessus sur le coeur et c'est plutôt bon signe parce que je sais que je suis sur la bonne voie. Mais comme toujours il me faudra du temps pour refermer une a une chacune des portes que j'ai pu ouvrir en tâchant de faire comme tout le monde... Faire semblant de les avoir laissé ouvertes et ne plus croire en rien ni en personne absolument. C'est une vie de souffrance que je me prépare mais après tout on est là pour ca et je préfère encore ça a une vie de déception.
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# Posté le jeudi 17 janvier 2008 12:31

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 00:49

Happy birthday...

Happy birthday...
Un an bientôt que ce pays m'a pris dans ses bras alors que j'avais froid et que plus rien n'allait, une année dans peu de temps que j'ai déposé mes valises ici en même temps que mon passé et tout ce que je voulais laisser derrière moi. Tout est allé si vite, j'ai le sentiment que c'était hier et quand je regarde par la fenêtre du salon les sommets enneigés du Moléson je cherche à savoir par quel miracle j'ai pu trouver le chemin jusqu'ici. Il n'y a pas un matin ou je ne me prends pas à sourire en partant travailler parce que je me dis que je suis juste là ou je voulais être, ou je ne savoure pas le paysage autour de moi en pensant que même si ça n'a pas été facile il fallait que je le fasse.

Je voudrais remercier tous ceux qui de près ou de loin m'ont aidé à tourner la page... Mes parents en premier lieu auxquels il aura fallut du temps pour digérer le choc de réaliser que leur fils menait une vie qui ne lui convenait pas. Et puis certains de mes amis aussi qui m'on tenu la main pour me guider jusqu'ici :

- Julien mon cousin, mon ami, mon confident et mon plus fidèle soutien... C'est grâce à toi que tout a commencé un jour d'avril 2005 quand j'ai posé le pied pour la première fois à Genève, j'ai su que c'est en Suisse que je voulais vivre. Merci de m'avoir ouvert ta porte quand je n'avais plus rien.
- Laura ma soeur, ma meilleur amie sans laquelle je ne me serais sans doute pas attaché autant à Genève, c'est elle qui souvent m'a donné le courage de chercher et chercher encore, de ne pas baisser les bras. C'est elle qui a su me rassurer quand je doutais et c'est chez elle que j'ai progressivement réalisé que bientôt je ne pourrais plus repartir.
- Alex mon frêre, mon coeur et mes yeux... Celui qui de loin a toujours su trouver les mots ou simplement être présent malgré ses propres soucis souvent. J'ai trouvé en toi ce que je n'imaginais pas possible de vivre un jour, un équilibre qui me manquait depuis toujours. Vivre avec toi aujourd'hui est un bonheur pour lequel il n'y a pas de mots... Je te vois dormir en ce moment même et je suis heureux de te savoir là. Sans toi il me resterait un vide immense, celui de la moitié de moi-même.
- Joël mon ami controversé et si sincère toujours là pour me tendre la main quand je cherche la solution dans un univers ou je dois encore trouver ma vraie place, pour gommer les difficultés sur mon parcours. Peu de gens ont fait autant pour moi et tu as choisi de me faire confiance sans poser de questions.
- Loanne et Patrik sans lesquels tout aurait pu s'arrêter là... Vous avez été mes bouées quand j'ai faillit me noyer, c'est grâce à vous si j'ai pû continuer à construire mon rêve et donner à ma vie le sens que je lui cherchais.
- Liliane, Samuel et Louis, sans la confiance desquels je n'aurais aujourd'hui ni permis de séjour ni le travail que j'ai et dans lequel je prends du plaisir. Ma rencontre avec vous aura été déterminante et je remercie le ciel d'être tombé sur des employeurs qui ont su voir en moi à la fois la détermination de faire ma vie ici mais aussi l'amour que je porte à ce pays grand comme rien mais ou il fait si bon vivre.
- Vincent... Merci d'avoir su écouter mes doutes, mes peurs profondes au moment ou je pensais que j'allais couler, d'avoir su m'encourager et me donner de la force. Merci d'avoir été là tout simplement... Je t'aime.

Et merci enfin à tous les autres qui à un moment ou à un autre ont su être juste là au bon moment sans forcément se rendre compte de l'importance que ca pouvait avoir...

Merci à ma petite Suisse de m'avoir donné la chance de tout recommencer, de m'avoir donné les moyens et les armes pour me reconstruire, pour m'avoir invité à sa table sans poser de questions juste parce que j'avais faim... Je ne sais pas si je pourrais lui rendre un jour ce qu'elle a fait pour moi mais je suis très fier d'elle, fier de ce pays et de son ouverture vers ceux qui ont l'ambition de l'aimer comme il le mérite, fier des gens de ce pays parce qu'ils m'ont fait une place et que pas une seconde je ne me sens étranger ici même si j'ai toujours présent à l'esprit que je reste comme locataire d'une magnifique maison dont on m'a prêté les clés...

Un jour je serai Suisse moi aussi... Sans doute pas autant que ceux qui sont nés ici, encore que le fait d'être né quelque part ne fasse pas forcément qu'on puisse s'y identifier, mais en tous cas par choix et encore une fois parce que je dois à la Suisse de ne pas avoir sombré. Quelqu'un m'a demandé un jour ce que ca va changer pour moi d'avoir un passeport rouge à croix blanche et j'ai répondu que tout simplement ça changera tout... Parce que ça symbolisera mon engagement vis à vis de cette terre et ma promesse de lui être fidèle, de la respecter et de l'aimer comme n'importe quel autre Helvête. Encore une fois j'ai fait le choix de venir vivre ici, non pas parce que j'y vois une sorte d'Eldorado mais parce que c'est là et pas ailleurs, parce que dès l'instant ou j'ai posé un pied en Suisse j'ai senti que j'étais chez moi... Comme si tout ici me parlait. Et plus je découvre ce pays plus je l'aime, plus je me demande comment j'ai pu perdre autant de temps.

Alors je voudrais suggérer à tous ceux qui vivent ici depuis longtemps, Suisses ou étrangers, de protéger ce pays comme ils protegeraient le plus précieux de leurs biens. Cette terre est seule au milieu de la géante Europe qui ne rêve que de l'engloutir mais je reste convaincu qu'ici on a les moyens de faire sans elle pour autant qu'on se donne un peu de mal et qu'on oeuvre pour le bien de ce drapeau que j'ai appris à regarder avec une émotion non dissimulée parce qu'il a un parfum de liberté, de différence, un parfum d'épine dans le pied des autres pays d'Europe et ça me plait bien... Ca me correspond. Aimez ce pays, défendez le s'il le faut, soyez en fier, portez le bien haut parce qu'ici on ne fait pas que des montres et du chocolat, on ne fait pas que dissimuler de l'argent sur des comptes numérotés. Ici on a 1291, des traditions et du coeur, 26 cantons et autant de diversités de culture réunis dans un seul peuple soudé, des lacs et des montagnes comme nulle part ailleurs, une armée qu'on aime et un hymne qui parle à l'âme... Et d'ailleurs je terminerai en le livrant à ce d'entre vous qui, honte à vous, ne le connaissent pas encore. Lisez ces mots, réfléchissez au sens qu'ils ont pour vous comme j'ai pu le faire moi-même...

Sur nos monts, quand le soleil
Annonce un brillant réveil,
Et prédit d'un plus beau jour le retour,
Les beautés de la patrie
Parlent à l'âme attendrie;
Au ciel montent plus joyeux
Les accents d'un coeur pieux,
Les accents émus d'un coeur pieux.

Lorsqu'un doux rayon du soir
Joue encore dans le bois noir,
Le coeur se sent plus heureux près de Dieu.
Loin des vains bruits de la plaine,
L'âme en paix est plus sereine,
Au ciel montent plus joyeux
Les accents d'un coeur pieux,
Les accents émus d'un coeur pieux.

Lorsque dans la sombre nuit
La foudre éclate avec bruit,
Notre coeur pressent encore le Dieu fort;
Dans l'orage et la détresse
Il est notre forteresse;
Offrons-lui des coeurs pieux:
Dieu nous bénira des cieux,
Dieu nous bénira du haut des cieux.

Des grands monts vient le secours;
Suisse, espère en Dieu toujours!
Garde la foi des aïeux, Vis comme eux!
Sur l'autel de la patrie
Mets tes biens, ton coeur, ta vie!
C'est le trésor précieux
Que Dieu bénira des cieux,
Que Dieu bénira du haut des cieux.


# Posté le mardi 18 décembre 2007 01:08

Modifié le jeudi 20 décembre 2007 01:26

Dis le moi tous les jours

C'est juste trois mots, trois petits mots de rien du tout auxquels on pense souvent et ça se voit dans nos yeux parfois quand ils brillent plus que d'habitude... Ca s'entend dans la voix quand elle tremble soudain. C'est rien d'autre que trois mots mais Dieu qu'ils sont lourds de conséquences et pourquoi faut-il toujours qu'on les oublie sans cesse dans un coin et qu'on ne les trouve plus quand il faudrait tout à coup qu'on les ait sous la main ? On m'a dit un jour " Tu sais, ces mots là on joue tout le temps avec à tel point qu'on en perd le sens profond et puis ça devient des mots comme les autres"

Comment des mots comme ceux là pourraient-ils ne pas avoir plus de poids que tous les autres réunis ? Peu importe le vécu qui nous fait parfois obstacle, les peurs et les angoisses comme autant de fossés à franchir, le sentiment quelques fois pas totalement injustifié que tout ça est reçu par l'autre sans vraiment réaliser tout ce que ça implique... Sans ces trois mots là rien ne vaut le coup et tout ce qu'on pourra faire, construire ou tenter de laisser derrière soi, tout ça ne sert à rien.

On ne le dit jamais assez et même si dans les yeux de l'autre s'allume une petite lueur d'incrédulité face à une émotion à l'état brut, même si dans le coeur de l'autre on devine un pincement parce que ressurgissent d'anciennes trahisons ou des douleurs indicibles qui sont autant de verrous bouffés à la rouille et qui lui gâchent la vie, même si l'autre ne semble pas vouloir y croire parce que se dire que ca ne peut pas être vrai c'est toujours plus facile et surtout ça prend moins de temps que de faire l'éffort au moins d'essayer... Malgré tout ça vaut le coup.

N'oublies jamais de dire " Je t'aime". Dis le dix fois, cent fois, mille fois par jour s'il le faut mais ne laisse pas ces mots là pourrir au fond de toi comme des perles oubliées au fond d'un écrin et qui finissent par jaunir parce que tu les a négligé. Une fois que le tout le sable aura coulé il faura faire les comptes et te regarder en face... A quoi te serviront les regrets alors ? A quoi bon te dire que tu n'a pas eu le temps alors que c'est faux ? L'éternité n'est pas de ce monde et l'on n'emporte jamais rien avec soi si ce n'est ce que les autres ont semé dans nos coeurs, les fleurs qui ont poussé ensuite et dont on laissera un bouquet pour les remercier.

Alors peu importe qu'on me croit ou pas mais je n'ai pas envie de verser trois larmes devant une dalle de marbre pour chacun de ces trois mots que j'aurais oublié, parce que ca m'aura semblé trop difficile d'exprimer ce que je ressens... Oui je t'aime c'est vrai et moi aussi j'ai des couteaux plantés un peu partout dans ma chair, ça n'a rien d'une exclusivité crois moi. On a tous mal quelque part, je ne crois pas que quelqu'un puisse prétendre n'avoir aucune plaie. Et s'il fallait s'arrêter au fait de savoir qui a souffert le plus, s'il fallait que nos douleurs soient des excuses pour refuser d'y croire...Réfléchis bien avant de dire quoi que ce soit... Est-ce que tu crois que je serais encore là? Parfois j'ai envie de rire face aux boulets des autres parce que c'est de la ouate à côté de ce que je trimballe et crois moi tu ne sais pas encore tout, mais ce n'est justement pas une compétition il faudra bien que tu l'admettes un jour et crois moi le plus tôt sera le mieux, avant que tu te rendes compte que tu as gâché ta vie à cause de quelques uns à qui tu as laissé le droit de t'empêcher de grandir.

Regardes ou j'en suis et dis moi si c'est vraiment ce dont tu rêves ? Alors prends ces trois mots que je te donne, c'est ce que j'ai de plus précieux parce qu'ils sont tout ce qui me reste, tout ce que je suis. Prends ces trois mots et fais t'en un manteau pour les jours ou tu auras froid, qu'ils te suivent partout comme une pluie d'étoile. Et dis toi que même si un jour je suis loin, plus loin que ne porte ton regard et si soudain tu ne peux plus me serrer dans tes bras, je serai là quand même au travers de ces trois mots parce que je te les aurai donné avec sincérité et simplicité, parce que je serai là pour toujours quelque part en toi...



# Posté le lundi 03 décembre 2007 00:51

Modifié le dimanche 09 décembre 2007 04:45

Vols blancs

A vous qui prendrez le temps de regarder cete vidéo avec des yeux émerveillés comme les miens, j'aimerais dédier ces images en souhaitant qu'elles vous portent aussi loin que possible et qu'elles chassent un instant tous ces boulets qui nous retiennent souvent. Ce film a été tourné par l'armée de l'air du plus beau des pays, celui que j'ai choisi pour tout recommencer et qui m'a ouvert les bras quand plus rien n'allait, celui ou j'ai trouvé le frêre qui me manque depuis le début et pour qui j'ai cette tendresse qui semble tellement le surprendre qu'il a encore parfois de la peine à croire que ca puisse ête sincère... On a encore beaucoup à apprendre l'un de l'autre. celui ou je me sens bien enfin.

D'aussi loin que je me souvienne j'ai toujours aimé les avions de chasse. Non pas pour le côté guerrier mais plutôt parce qu'ils sont auréolés de cette magie qui touche les oiseaux de proie, à la fois beaux et agiles, fragiles et dangeureux, inspirant le respect et la fascination. Je ne peux pas m'empêcher de rêver devant leurs formes et de penser à ce qu'on peut voir de la haut... C'est un autre monde qui surgit de tous côtés, un monde sans réelles limites et dont les dimensions ne sont pas les notres, un monde ou bien que n'ayant pas ma place je me surprends à oublier le temps.... Ce foutu temps qui nous entrave de tous côtés à chaque pas, dans chaque décision, ce temps qui commence à nous rattraper et à nous agiter le sablier sous le nez dès le premier souffle de vie.

Ici il n'a plus de prise, en tous cas je voudrais y croire... Ca semble possible. Au pire on tombe une fois le carburant épuisé et tout se finit là, après un instant de perfection et avoir tutoyé des sommets qu'on n'aurait jamais approché autrement, après avoir vu les choses sous un angle insoupçonné. Au mieux on garde des souvenirs indicibles parce qu'il n'existe pas de mot pour traduire ce qu'on a rapporté des nuages, parce que ca se vit tout simplement. Et ces souvenirs là vous transforment définitivement, à tel point qu'on ne pense plus qu'à recommencer... Encore et encore. Dessus, dessous, à droite ou à gauche, tout ca n'existe plus, il n'y a plus que soi et l'immensité. Et pour la première fois on a conscience d'être à la fois tout et rien, d'être un maillon au milieu de tout ça, un grain de sable de rien... Pour la première fois on réalise qu'on ne maitrise rien parce qu'on ne connait rien, pas même ce qui nous crêve les yeux et qu'on découvre aujourd'hui comme si on était passé à côté depuis tout ce temps....

# Posté le dimanche 25 novembre 2007 17:33

Modifié le lundi 17 décembre 2007 15:12